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vendredi 10 avril 2009

Entendre ce que les patients ne disent pas

Même quand je les encourage, beaucoup de mes clients ont du mal à exprimer ce qui n'a pas fonctionné ou ne leur a pas parlé dans ce que nous avons fait.
Le savoir me permettrait pourtant de mieux adapter ce que je dis et fait à ce qui marche pour eux.

Une large partie de mon travail de thérapeute est de créer suffisamment d'espace pour qu'ils soient à l'aise pour exprimer leur malaise et difficultés.
On sait que la qualité de la relation thérapeutique est le meilleur prédicteur d'amélioration (40% contre 30% pour le type d'approche).
Une étude de Barret-Lennard indique cependant que ce qui fait la différence c'est l'estimation que fait le client de la qualité de cette relation.
Là encore How to fail as a therapist, 50 ways to lose or damage your patients - Comment échouer en thérapie, 50 manières de perdre vos patients ou de leur faire du mal de Bernard Schwartz et John Flowers a des choses à nous dire.
(Ce petit ouvrage est une mine d'or pour les thérapeutes de toutes les orientations théoriques. Si un éditeur lit ce blog, une traduction serait un beau cadeau à faire à toutes les personnes en demande d'aide et d'écoute.)
Erreur N°24 Comment ruiner la relation Thérapeute-client - ignorer le feedback verbal et non-vebral du client.
Garder à l'esprit les indicateurs 'd'alliance' subtils:
  1. Le client engage-t-il moins de contact oculaire que précédemment?
  2. Le client partage-t-il moins d'information personnelle et parle-t-il plus de choses tangentielles?
  3. Les salutations en début et fin de consultation sont-elles moins cordiales qu'avant?
Ces signes que soulignet Schwartz et Flowers sont évidemment des indicateurs importants, plus important encore est la capacité à accueillir les critiques et être disposé à adapter sa pratique et son discours au service de ce qui marche pour le client.
En d'autres termes, être présent, accepter et avancer en direction de ce qui est important sont trois clés essentielles pour augmenter son efficacité de thérapeute.

Cela nous ramène aux trois fondements de la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement - ACT.
Benjamin Schoendorff (image Rémi Schoendorff)

samedi 4 avril 2009

Pour la science

How to fail as a therapist, 50 ways to lose or damage your patients, - Comment échouer en thérapie, 50 manières de perdre vos patients ou de leur faire du mal,
Un indispensable de Bernard Schwartz et John Flowers
Petit livre, basé sur 40 ans de recherches,
Il recense les 50 erreurs les plus courantes des thérapeutes,
Et comment y remédier.
Erreur N°14: Comment ignorer la science.
Le manque d'intérêt ou la méfiance à l'encontre des résultats de la recherche sont courants chez les cliniciens,
Y compris ceux formés aux approches basées sur la recherche validée.
Donc aussi les cliniciens en thérapies comportementales et cognitives...
  • L'idée tenace - et séduisante - que chaque être humain est si spécial qu'il ou elle ne peut être évalué(e).
  • L'idée que la recherche universitaire ne s'applique pas aux réalités de la clinique 'réelle'.
  • L'attachement à une approche théorique peut nous rendre imperméable à tout progrès et nous empêcher de tenir compte des données qui contredisent nos convictions.
Le résultat - selon Schwartz et Flowers - est que la psychothérapie est sujette aux effets de mode,
Autant que les régimes amincissants:
'Cri primal', psychogénéalogie, rebirthing, recherche de souvenirs de trauma occultés
, double-contrainte,
Foisonnent les interventions et théories que ne soutiennent aucune recherche sérieuse,
Au détriment d'aider nos clients à efficacement faire face à la souffrance.
Le site de l'Afforthecc traduit régulièrement les principaux résumés des recherches cliniques
Clinciens et public peuvent rester informé des progrès de notre science.
Pour avancer en direction d'une prise en charge de la souffrance humaine,
Plus efficace - qui marche mieux,
Et plus efficiente - qui marche à moindre coût: humain, matériel et financier.
Benjamin Schoendorff (image Rémi Schoendorff)

mardi 31 mars 2009

Surfer la Vague

Je me passionne pour la troisième vague des psychothérapies comportementales et cognitives (TCC).
La première vague était comportementale - agissons sur nos comportements et la vie changera.
La seconde vague était cognitive - agissons sur nos pensées et la vie changera.
La troisième vague c'est l'acceptation ou pleine conscience - nous ne pouvons contrôler l'océan de nos pensées, émotions et souffrances intérieures,
Apprenons à en surfer les vagues,
Sans y resister ni nous laisser emporter.
Surfer la vague (et la 3ème vague!), ça marche pour moi.
Ça a changé ma vie. Et celle de mes clients.
Si ma passion m'éclaire et me guide,
Elle peut aussi m'orienter - voire m'aveugler.
Je suis sensible au plus petit indice que les nouvelles méthodes marchent.
Cela peut me faire négliger les indications très solides - ne serait-ce que parce que mieux financées et donc mieux contrôlées - que les méthodes de TCC de 1ère et 2ème vague marchent elles aussi.
Je reconnais mes oeillères. Le site de l'afforthecc dont je suis webmestre reflète mes centres d'intérêt.
D'immenses progrès restent à faire. Après 50 ans d'étude scientifique des psychothérapies, le débat reste ouvert sur les éléments de nos traitements qui marchent vraiment.
Un peu comme si la thérapeutique de l'infection bactérienne comprenait s'habiller chaudement, prendre des anitbiotiques, être entendu(e) par notre médecin, manger des bananes et prier - sans que nous puissions vraiment identifier les éléments actifs et inactifs du traitement.
Le progrès serait-il de compléxifier le traitement en rajoutant - par exemple - se laver les mains,
Ou bien d'identifier ce qui marche vraiment - et comment ?
Ce que dans notre jargon nous appellons les médiateurs thérapeutiques ?
La troisième vague des TCC permet de nous reposer la question des médiateurs thérapeutiques,
En cela elle emporte mon adhésion.
Je choisis d'avancer en direction de la nouveauté et du progrès en TCC,
Pour que les nouvelles approches soient mieux connues, reconnues, que l'espace soit créé et les moyens matériels et méthodologiques mobilisés,
Afin de pouvoir les évaluer sur un pied d'égalité avec les approches qui les ont précédées.
Ceci est un manifeste pour une science progressiste et progressive de la prise en charge de la souffrance humaine.
Benjamin Schoendorff

dimanche 15 mars 2009

L'importance d'Entendre la Souffrance

Ce jeudi et vendredi 12 et 13 mars 2009 nous avons, avec mon amie Marie Malécot, médecin tabacologue, animé à Lyon une formation présentant des outils de Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC) appliqués à l'arrêt du tabac. Les participants étaient des infirmières, sages-femmes, psychologues et médecins.
Marie et moi avons pris grand plaisir à voir nos participants s'engager de plus en plus dans les nombreux jeux de rôles et exercices pratiques que nous leurs proposions.
Ce que les feedbacks détaillés nous indiquent c'est que les points les plus importants pour les participants ont été l'apprentissage d'une meilleure pratique de l'écoute centrée sur la réalité vécue des patients, d'apprendre à rester centré sur les problèmes concrèts et la puissance d'aller dans le sens du patient et de sa souffrance, en l'accompagnant plutôt qu'en cherchant à le pousser (c'est à dire l'entretien motivationnel).
Nous avions réduit le nombre d'outils de TCC proprement dite présentés au maximum afin de permettre de les entrainer le plus possible. Cela a bien fonctionné et les participants sont repartis avec une plus grande maitrise de la méthode.
Les jeux de rôles et les exercices d'observation du ressenti ont permis aux participants de faire l'expérience directe de la puissance des instruments proposés.
Je remercie Gérard Mathern et Collette Guillon, de l'IRAT (Institut Rhône-Alpes de Tabacologie) - et surtout Marie - d'avoir rendu cette formation possible.
Benjamin Schoendorff (image Rémi Schoendorff)

vendredi 13 mars 2009

Journal de Bord d'une Thérapie Comportementale et Cognitive

Une internaute raconte sur son blog sa TCC de la phobie sociale
Un témoignage intéressant à la fois pour le public et - surtout - pour les thérapeutes et les étudiant(e)s. A ce jour, ce blog couvre déjà 22 séances. Chaudement recommandé car en tant que thérapeutes, nous avons rarement accès à des feedback si précis sur notre pratique, et le feedback est la clé de l'expertise.
Benjamin Schoendorff