jeudi 16 avril 2009

La relation thérapeutique, notre instrument le plus précieux

La relation thérapeutique est essentielle à l'amélioration en psychothérapie.
Elle est si importante que certains analystes, comme Lester Luborsky, considèrent que la technique particulière utilisée n'a pas d'impact spécifique, mais que ce sont les facteurs dit non-spécifiques qui sont responsable de l'essentiel de l'amélioration (la variance dans notre jargon).
C'est le verdict du Dodo. Dans Alice au Pays des Merveilles à l'issue d'une course, le Dodo avait déclaré: 'Au moins tout le monde a gagné et tout le monde doit recevoir un prix!'
Au premier rang des facteurs non-spécifiques, la relation thérapeutique.
Les chercheurs en efficacité clinique de la division 12 de l'American Psychological Association considèrent cependant que le 'verdict du dodo' est trop hâtif.
Chambless (2002) démontre que loin des méta-analyses surgénéralisantes, il y a bien d'importantes différences d'efficacité pour un grand nombre d'indications entre méthodes, le plus souvent en faveur des thérapies comportementales et cognitives (TCC). John Hunsley (2002) fait la même analyse.
Je ne pense pas que le verdict du Dodo soit juste. C'est anecdotique mais il suffit d'interroger nos patients pour savoir que certaines méthodes interminables ne marchent pas.
Cependant, la relation thérapeutique demeure un élément central et indépassable de la thérapie, là dessus Freud avait vu juste en 1912.
Je trouve fascinantes les recherches qui montrent que les thérapeutes TCC ne se concentrent que rarement sur la relation thérapeutique et que pourtant, l'efficacité des consultations est la plus haute quand les 'maitres thérapeutes' se concentrent sur la relation thérapeutique (Goldfried, Raue, Castangay 1998).
Cela ouvre la perspective de TCCs encore plus efficaces qui prendraient pleinement appui sur le pouvoir de levier central d'une relation thérapeutique intense, authentique et profonde.
Ou, en d'autres termes, avancer pour rendre spécifiques les facteurs non-spécifiques.
Et c'est en mesurant ces choses que l'on construira les échelles qui nous permettront d'avancer.
Benjamin Schoendorff (image Rémi Schoendorff)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

oui et non , les deux à la fois

si le thérapeute arrive à connecter la relation le chemin se poursuit avec des outils qui thérapeutiques qui correspondent au patient , il faut les deux pour y arriver