mercredi 23 septembre 2009

La souffrance, notre alliée ?

Une des plus profondes leçons de la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement est que, loin d'être notre ennemie, notre souffrance peut se révéler notre alliée la plus précieuse sur le chemin de la vie.
Elle peut nous aider à reconnaitre nos valeurs et les directions dans lesquelles nous voulons avancer.
Si l'on nous enlève quelque chose qui ne compte pas pour nous, nous n'en souffrons pas. Si au contraire, cette chose est importante, alors la souffrance nous envahit. Seul ce qui est important peut nous faire souffrir.
Ainsi si nous souffrons de notre peur des autres, c'est un signe que la connexion aux autres est importante pour nous. S'ajoute à la souffrance que nous cause notre peur, la souffrance de l'absence de connexion.
Parfois la souffrance est telle que notre esprit va habilement chercher à nous convaincre que ce qui nous fait tant souffrir n'est pas vraiment important pour nous. Mais même quand nous 'achetons' cette idée qu'il nous vend, nous pouvons sentir, au plus profond de nous, que quelque chose ne va pas, et que notre vie se rétrécit.
Ainsi nous pouvons acheter la pensée qu'avoir des relations proches n'est 'pas vraiment' important pour nous. En observant, grâce à la pleine conscience, la qualité de notre expérience quand nous achetons de telles pensées, nous pouvons apercevoir la perte de vitalité que cet achat implique - et que c'est nous qui payons.
Et la souffrance ne s'en va pas, témoin fidèle de l'importance de cette absence pour nous.
Et si nous accueillions la souffrance comme une alliée qui nous montre le chemin et conserve, au plus profond de l'obscurité, la trace indélébile et lumineuse de ce qui est important pour nous?
Benjamin Schoendorff (image Rémi Schoendorff)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

A très exactement 16:29, je ne puis dire qu'elle soit mon alliée.

Parfois la souffrance est telle qu'il arrive que nous ne comprenions plus notre propre existence.

Alors, comment rassurer son esprit, quant il devient même difficile de penser de façon objective?

Ma souffrance, je la connais, je pensais l'avoir domptée, et puis parfois, un petit rien devient un véritable tsunami intérieur.

Ô comme je suis admirative de ces gens se sentant régulièrement bien.

Pour ma part, je ne le puis que sur de courtes périodes.

Cette dernière a duré 15 jours presque jour pour jour.

Et aujourd'hui...Et bien....

Il m'est impossible à cet instant de faire de ma souffrance mon alliée, elle n'est que le dégout que j'ai pour moi.

Alana.

Benjamin Schoendorff a dit…

J'entends votre douleur.
Quand elle crie si fort c'est comme si toutes les pensées qu'elle nous envoie se collaient à nous. Peur, panique, dégout peuvent monter comme un tsunami.
Nous pouvons alors nous retrouver pris dans une lutte qui semble sans issue. Et notre esprit de comparer notre intérieur avec l'extérieur des autres. De ces comparaisons sortons-nous jamais gagnant?
C'est comme une partie de tir à la corde avec un monstre. Plus on tire fort, plus il tire fort de son côté. Et notre esprit nous crie que nous n'avons d'autre option que tirer, encore et toujours. Mais que nous dit notre expérience? Avons-nous jamais vraiment gagné la partie?
Et s'il y avait une option autre que d'essayer de dompter ses pensées et ses émotions, si plutôt qu'essayer de retenir la vague jusqu'au tsunami, nous pouvions apprendre, progressivement, tout progressivement, avec douceur et bienveillance,à surfer? Comme on apprend à un tout petit enfant à marcher...
Et si ce n'était pas notre vie qui était sans issue ni notre personne qui était sans espoir, mais seulement cette lutte?
Et si combattre notre souffrance avait toujours la même issue - et que la ressentir sans la combattre nous permettait d'avancer dans la vie? Serions-nous d'accord?
Aucune des idées, techniques et réflexions partagées sur ce blog ne prétendent permettre éradiquer la souffrance - elles n'ont jamais fait disparaitre ma propre souffrance. Elles visent plutôt à nous inviter à vivre et interagir différemment avec notre souffrance intérieure, au service de pouvoir de nouveau avancer.
Avec mes plus chaleureuses pensées.
Benjamin

Anonyme a dit…

Bonsoir à vous Benjamin,

Je vais me permettre le temps de la reflexion avant de vous répondre si vous le permettez.

Ces questions sont si profonde qu'il me faut me les poser correctement en toute sérénité.



N/B: Vous disiez, je cite:

- Et si combattre notre souffrance avait toujours la même issue - et que la ressentir sans la combattre nous permettait d'avancer dans la vie?

Il y a quelques jours encore, j'aurais eu toute facilité à vous répondre, or, aujourd'hui, ma souffrance actuelle est un vide qui me submerge.

Celui qui emporte, dévore et enfonce, et pourtant, comme je peux être battante normalement, mais un rien à présent me fragilise.

Pourquoi....Il peut y avoir tant de raisons, je puis en trouver, mais savoir n'est pas forcément pouvoir.

Il m'arrive de me dire que je suis devenue mon étrangère.
J'aspire pourtant à retrouver la quiêtude. Un jour surement, après avoir trouvé, je pourrais reparaître et vivre!!

Alana.

Paul Moua a dit…

La souffrance n est qu une alarme qui c est declenchée en vous. Vous indiquant que vous allez mal.Il faut ds la mesure du possible remonter a l origine de se declenchement si vous souhaitez
la resoudre.