jeudi 17 septembre 2009

La liberté de choisir à chaque instant

Viktor Frankl, le père de la logothérapie a écrit: “Chaque être humain a la liberté de choisir à chaque instant”.
Pour ceux d’entre nous qui sommes coincés dans la souffrance, sans aucune possibilité de choix apparente, la première pensée qui se présente à la lecture de cette citation peut-être : "facile à dire!”.
Viktor Frankl était un psychiatre viennois interné par les Nazis dans le camp d’Auschwitz. Il a partagé son expérience dans Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie. Dans les semaines précédant la libération du camp par les troupes soviétiques, Frankl avait créé d’un hôpital de fortune où, sans médicaments ni nourriture, il s’occupait de réconforter des prisonniers atteints du typhus. Avec un camarade, ils avaient préparé dans les moindre détail un plan d'évasion. Au jour du grand départ, Frankl fit une dernière visite à ses malades. Il allait bientôt les abandonner à une mort certaine. Mais alors qu’il se trouvait face à un compatriote mourant, il fit un choix :
“Soudain, j’ai pris mon courage à deux mains. Je suis sorti en toute hâte de la baraque et j’ai dit à celui qui m’attendait qu’il m’était impossible de l’accompagner. Sitôt que je l’ai avisé de ma décision irrévocable de rester, j’ai été soulagé. Je ne savais pas ce qu’allaient me réserver les prochains jours ; mais j’avais trouvé une sorte de paix intérieure qui m’avait été inconnue jusqu’alors. »

Au plus profond de la souffrance, Frankl a fait le choix de ne plus chercher à la fuir afin de faire ce qui était important pour lui, soigner son prochain. Et c’est ce choix qui lui a donné un sens de liberté encore jamais ressenti.
C’est le même choix auquel nous faisons tous face : chercher à échapper à notre souffrance, ou le choix de nous tourner et d’avancer vers ce qui est le plus important pour nous. Si un tel choix est possible au plus profond de la machine à tuer Nazie, il est aussi possible à tous ceux et toutes celles d’entre nous qui luttent pour échapper à leur souffrance. C’est ce choix que la thérapie d’Acceptation et d’Engagement peut nous aider à faire.
Benjamin Schoendorff (image DR)

2 commentaires:

lajardinière a dit…

bonjour , j'ai découvert votre blog il y a peu de temps.. c'est bien ! en lisant cet article j'ai pensé à la résilience, à la force de la vie et je me suis dit que cet homme avait choisi de rester pour faire ce qui donnait un sens à sa vie .. continuez et merci

Boulezail a dit…

Lorsque la souffrance est une impasse, elle est effectivement intolérable, et c'est vrai que seule une possibilité de choix permet d'y faire face en nous débarassant d'un poids.

Encore faut-il avoir la capacité de "ramer" pour trouver ne serait-ce qu'une seule alternative ...