samedi 21 novembre 2009

Essayer

Certains d'entre nous essayent de changer depuis de nombreuses années.
Voici quelques lignes que John Forsyth, professeur de psychologie à l'université d'Albany, New York et thérapeute et auteur de Thérapie d'Acceptation et d'Engagement (ACT) a écrit ce soir sur la liste de discussion Act for the Public.

Le mot 'essayer'. Essayer...
Je me demande si essayer vous aide où si ça contribue à ce que vous vous sentiez coincé.
Par exemple, si vous posez un stylo par terre et 'essayez' de le ramasser, que se passe-t-il? Montrez moi à quoi cela ressemblerait d'essayer de ramasser le stylo. Si vous le ramassez, ça n'est pas essayer de le ramasser, c'est le faire.
Essayer a tendance à nous garder les mains suspendues juste au dessus de la vie, pas tout à fait au contact des choses.
Alors peut-être qu'essayer est une de ces choses auxquelles vous pouvez cesser de vous agripper.

John Forsyth
(image Rémi Schoendorff)

5 commentaires:

Anonyme a dit…

je comprends que vous essayez ! de nous dire qu'il faut passer à l'action, mais essayer de faire quelque chose c'est quand même agir, on peur essayer sans arriver à le faire, et c'est faire quand même, par exemple pour être terre à terre : essayer de marquer un panier de basket et le rater ce n'est pas rien faire, si on essaie même pas c'est sûr on y arrivera pas .....

Benjamin Schoendorff a dit…

Merci pour votre commentaire.
Je suis tout à fait d'accord avec vous. Lancer le ballon vers le panier dans le but de marquer, c'est une action.
Quand vous lancez le ballon, on peut dire que vous avez déjà saisi le stylo - pardon je voulais dire le ballon - dans vos mains avant de le lancer: vous n'avez pas *essayé* de prendre le ballon.
Et je vous encourage de tout coeur à observer ce qui se passe pour vous quand vous prenez le ballon en main, quand vous engagez par des actions ce que votre tête vous disait n'était pas à votre portée.
Il arrive souvent, c'est même parfois inévitable, que cette distinction se perde dans ce que nos têtes nous racontent.
Le deuxième élément important qu'évoque votre commentaire c'est le but de l'action. Si mon but c'est de marquer le panier, l'action est ratée, comme inutile quand je n'atteint pas le panier. En revanche, si ma valeur c'est d'incarner un basketteur, alors le simple fait de lancer des ballons vers le panier ça fait partie de ce qu'est être un basketteur - que les ballons atteignent les paniers ou non.
Cette distinction c'est la distinction très importante entre nos actions qui visent un but et celles qui incarnent nos valeurs.
J'espère que ma réponse vous aide. Chaleureusement, benjamin

Anonyme a dit…

"J'espère que ma réponse vous aide."

oui, merci bien
et merci pour votre humanisme

Anonyme a dit…

C'est marrant, l'image du stylo par terre que l'on essaie de ramasser est celle utilisée par mon thérapeute... et quoi que l'on en dise, cette image m'a fait comprendre beaucoup de choses... depuis quelques semaines, 'j'essaie' non plus d'essayer, mais d'agir!!!!! A force de se dire: je vais essayer de faire ceci ou cela, on se redn compte que la motivation n'est pas suffisante, il faut se trouver un objectif précis et se donner les moyens d'agir, si petits soient-ils... Maintenant, si on lie action et souffrance, il est clair qu'agir n'a pas que des effets positifs, car cela nous pousse à nous montrer sous un autre jour, plus dynamique et par conséquent, à vaincre des démons biens ancrés... mais au final, n'est-ce pas plus bénéfique de souffrir temporairement pour un bénéfice plus grand sur le long terme????

Benjamin Schoendorff a dit…

Se trouver un objectif précis est important.
Identifier la direction dans laquelle on choisit d'avancer peut l'être encore plus.
Un objectif peut s'atteindre - ou non.
Une direction se choisit, c'est ce qui est important pour nous. C'est à la lumière des directions que nous choisissons que nos objectifs prennent tout leur sens. Et que nous pouvons nous libérer du résultat. Si je choisis d'aller vers l'ouest et qu'un obstacle m'interdit d'atteindre mon premier objectif en direction de l'ouest, peut-être qu'avancer vers le nord, le sud, voire même l'est peut faire partie d'un chemin qui avance vers l'ouest. Ce n'est alors plus tant ce que j'atteins qui compte et donne un sens à mes actions, mais les directions dans lesquelles je fais des pas.
Le résultat n'est plus à long terme, il est immédiat, dans l'action, dans la qualité de choix qu'a l'action que je fais en direction de mes valeurs.
Par exemple, si l'intimité et le partage sont importants pour moi (la direction que je choisi d'incarner), alors dans les actions même que j'engage pour partager ce que je ressens se trouve la qualité que je cherche à incarner, même quand ces actions n'ont pas le résultat escompté de me rapprocher d'une personne donnée.
Un dernier élément important est de choisir de faire un pas. Entre deux pas qui font une différence, je conseille souvent d'engager le plus petit *à condition que ce pas fasse une vraie différence*. L'idée c'est de prendre un risque, le plus petit risque que je suis prêt à prendre, le prendre et observer ce que cela fait qu'avancer - même d'un pas - en direction de mes valeurs.
chaleureusement,
benjamin